Mandla Mandela : une foi choisie et un devoir hérité

En novembre 2015, Nkosi Zwelivelile « Mandla » Mandela entra dans l’islam à Lenasia, en Afrique du Sud, selon le cheikh Riyadh Walls, cité par le Sunday Times en février 2016. Petit-fils de Nelson Mandela et chef traditionnel amaXhosa, il ne pouvait guère garder cette décision entièrement hors du débat public. [MM-S1]
Le 6 février 2016, il épousa Rabia Clarke lors d’une cérémonie islamique à la mosquée de Kensington, au Cap. Après le mariage, il publia une déclaration remerciant la famille de Rabia et la communauté musulmane de l’avoir accueilli. Il expliqua que, malgré leurs traditions culturelles et religieuses différentes, leur union exprimait aussi ce qu’ils partageaient en tant que Sud-Africains. [MM-S2, MM-S3]
Sa conversion souleva une question parmi certains chefs traditionnels : le titulaire d’une chefferie héritée pouvait-il choisir une autre religion tout en conservant ses responsabilités communautaires ? Le président d’un conseil de dirigeants traditionnels rapporta que Mandela lui avait dit avoir choisi l’islam comme religion, tandis que la tradition dans laquelle il était né demeurait un devoir qu’il continuerait d’assumer. [MM-S1]
L’islam était une décision religieuse personnelle ; la direction traditionnelle, une responsabilité sociale héritée. Il refusa l’idée que son choix religieux annulait automatiquement sa fonction publique. D’autres dirigeants défendirent le droit de chaque chef à choisir sa religion. [MM-S1]
L’imam invita les responsables musulmans à guider Mandela et à l’accompagner. Il demanda aussi à la communauté de prier pour sa compréhension de la foi. [MM-S3]
Son histoire pose une question sur la foi et la responsabilité héritée : comment choisir une croyance tout en demeurant responsable envers un peuple et une culture que l’on n’a pas choisis ? [MM-S1]
