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Yusuf Estes : quand vouloir convaincre devint une quête

Un Coran fermé sur un tapis dans une lumière chaude
Image: Qur’an still life — Malik Shibly / Unsplash (Licence Unsplash).

Yusuf Estes ne commença pas par chercher l’islam. Il s’appelait alors Joseph « Skip » Estes et avait grandi dans une famille profondément protestante. Baptisé à douze ans, il fréquenta de nombreuses dénominations chrétiennes et lut sur plusieurs religions. Il enseigna la musique, s’occupa de la musique liturgique dans des églises et prêcha dans des rencontres informelles ; dans son propre récit, il précise qu’il n’eut jamais d’église à lui.

Il portait une image hostile des musulmans et n’avait jamais étudié sérieusement l’islam. Au début de 1991, lorsque son père commença à travailler avec un musulman égyptien nommé Mohamed Abdel Rahman, Joseph refusa d’abord de le rencontrer. Il accepta ensuite, pensant pouvoir le convertir au christianisme. Il découvrit au contraire que Mohamed croyait en Dieu et en ses prophètes, notamment Adam, Abraham et Moïse, et reconnaissait Jésus comme prophète et Messie. Le premier obstacle tomba avant les questions plus profondes.

Leur relation se prolongea par des déplacements professionnels et des échanges sur Dieu, le sens de la vie, la création et la révélation. Mohamed logea ensuite chez la famille. Les discussions du soir comparaient différentes éditions de la Bible et interrogeaient le Coran et sa transmission. Mohamed ne faisait pas pression et n’interrompait pas. Dans le souvenir d’Estes, cette écoute calme laissa les questions elles-mêmes se transformer.

Les difficultés centrales étaient anciennes : comment Dieu pouvait-il être un et trois, pourquoi une personne porterait-elle le péché d’une autre, et que signifiait adorer Dieu sans intermédiaire ? Dans le tawhid et la responsabilité individuelle, Estes trouva une réponse plus cohérente avec la relation directe à Dieu qu’il recherchait. Pourtant, le foyer ne prit pas une décision collective ; il souligne que chacun parvint séparément à sa conclusion.

Après qu’un prêtre catholique hébergé chez eux eut annoncé son entrée dans l’islam, l’épouse d’Estes dit qu’elle voulait en faire autant. Estes passa alors la nuit à parler avec Mohamed. Lorsque celui-ci se prépara à la prière de l’aube, Estes sortit et demanda à Dieu de le guider. Il raconta avoir ressenti le besoin de commencer une vie plus honnête et plus droite. Ce matin-là, en 1991, il prononça la shahada devant deux témoins. Sa femme le fit peu après ; son père attendit plusieurs mois avant d’annoncer son propre choix. [5.1] [5.2]

Il évoquait l’opposition initiale de sa mère et d’autres proches. Avec le temps, les relations s’apaisèrent et ils restèrent en contact.

Après son entrée dans l’islam, Estes se consacra à la présentation de sa religion et décrivit son service auprès des détenus comme aumônier musulman. En mai 2011, The National relata son échange avec des élèves, des parents et des enseignants dans une école de Dubaï. Le dialogue engagé pour changer un autre homme était devenu un travail destiné à de nouveaux publics. En racontant son histoire, il retraçait le passage d’une image hostile de l’islam au réexamen de ses croyances devant le sens de l’unicité divine. [7.1] [7.2]

Sources

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