Ola Bora Song : quand l’absence de réponses devint une responsabilité

Comment découvrir une foi lorsque les ressources fiables sont rares dans sa langue ? Et que se passe-t-il lorsque l’imaginaire public traite une musulmane coréenne comme une étrangère dans son propre pays ?
Bora Song dit avoir rencontré l’islam en étudiant très jeune l’histoire du monde, notamment l’histoire arabe. [1]
Bora Song devint musulmane en 2007. Elle confirma ce parcours dans des entretiens publiés en 2017 et 2018. [1] [2]
L’accès au savoir était lui-même un obstacle. Song a expliqué qu’au moment de sa conversion elle trouvait difficilement des informations exactes sur l’islam en coréen. Cette expérience a ensuite nourri son travail d’écoute des questions et de transmission d’explications claires. [2]
Cette même année, la crise des otages coréens en Afghanistan marqua les relations entre Coréens et musulmans. [2]
Song a raconté que certaines personnes lui criaient de retourner dans son pays — alors que la Corée était son pays — et que d’autres associaient son vêtement à une bombe. Selon elle, l’étranger musulman paraissait imaginable, le Coréen musulman beaucoup moins. [2]
Dans son entretien publié en 2018, Song dit travailler à la Fédération musulmane de Corée. Al Jazeera avait présenté en 2017 son travail éducatif à la mosquée de Séoul. Ayant elle-même été non musulmane, expliquait-elle, elle comprenait les malentendus des visiteurs et voulait répondre à leurs questions. [1] [2]
Dans un article publié en mars 2017, Karim Jordan relata sa rencontre avec Song à la mosquée centrale de Séoul, où elle enseignait l’arabe et répondait aux questions. [3]
Song raconta que certains visiteurs de ses conférences arrivaient avec des préjugés, puis s’excusaient de leur méconnaissance de l’islam. [2]
Évoquant le Ramadan en 2018, elle appréciait surtout le lien créé par le jeûne collectif. Elle expliquait que la Corée n’offrait pas l’atmosphère générale de jeûne connue dans d’autres pays et qu’elle devait chaque année expliquer l’expérience locale aux musulmans étrangers qui l’interrogeaient sur le Ramadan et la nourriture. [1]
Le manque d’informations en coréen devint pour Bora une raison d’enseigner. Elle cherchait à offrir aux autres les explications qui lui avaient manqué. [1] [2]
Sources
- Have Halal, Will Travel, 7 juin 2018
- Al Jazeera, 15 novembre 2017
- Karim Jordan, Mvslim, 27 mars 2017
